Activité: Le sexe ou le genre

Regardez les images d’aisselles suivantes. Selon vous, appartiennent-elles à un homme ou à une femme? Sur quoi appuyez-vous votre réponse?

Cet exercice, qui vise à illustrer l’intégration du sexe et du genre, peut vous sembler étrange. Le système pileux est un caractère sexuel secondaire et nous pourrions facilement penser qu’il relève uniquement du sexe d’une personne. Nous avons choisi cet exemple précisément parce qu’il démontre qu’une partie du corps ordinaire et apparemment peu sujette à controverse est perçue à travers le filtre du sexe et du genre, comme c’est le cas pour les dimensions plus importantes et complexes de la vie.

Les poils sous les aisselles apparaissent à la puberté, en réponse à une forte hausse du taux d’hormones sexuelles. Il est clair que le sexe joue un rôle important. Par ailleurs, l’apparition de ces poils et leur abondance dépendent non seulement des chromosomes sexuels d’une personne, mais aussi de tous les antécédents génétiques. Les adolescents de certaines populations peuvent voir apparaître une abondante quantité de poils sur leur corps alors que les garçons d’autres origines atteignent l’âge adulte avec peu de poils sinon aucun. Par exemple, les hommes originaires de l’Europe du Nord ont généralement un système pileux plus velu que les hommes de l’Asie du Sud-Est. Dans le même ordre d’idées, il existe certaines variations du système pileux au sein d’une même population, et ce, peu importe où se situent les individus sur le continuum sexuel. Certains troubles de santé liés au sexe, comme le syndrome des ovaires polykystiques, peuvent aussi provoquer une augmentation de la quantité de poils sur le corps.

Bien que les poils sous les aisselles relèvent du sexe d’un individu, nos réactions à ces poils relèvent du genre. Dans certaines sociétés, l’idéal de la beauté féminine veut que les femmes aient peu de poils sinon aucun. La présence d’un système pileux abondant ou la présence de poils sur des parties du corps jugée inappropriée chez la gente féminine peut faire en sorte que certaines femmes vivent un rejet ou de la discrimination. Par conséquent, les femmes dans ces sociétés rasent régulièrement leurs poils ou les épilent à la cire, ou encore les éliminent en permanence au moyen de traitements à l’électrolyse ou au laser.

L’image du corps féminin dénué de poils constitue la norme dans la culture occidentale. Toutefois, cette vision n’est pas universelle et varie selon les époques. Selon une étude réalisée par Susan Basow, la norme selon laquelle un corps de femme doit être sans poils est apparue aux États-Unis, au début du 20e siècle.

Il est à noter que dans certaines sociétés, les hommes cherchent à réduire la quantité de poils sur leur corps à l’aide des techniques susmentionnées, probablement dans un effort pour paraître physiquement plus attirants. Une recherche menée aux États-Unis et en Nouvelle-Zélande démontre que les femmes de ces pays préfèrent les hommes au torse sans poils.

Sources : Tiggemann, M. et Hodgson, S. (2008). The hairlessness norm extended: reasons for and predictors of women’s body hair removal at different body sites. Sex Roles. 59 11-12; 889-97; Bascow, S. (1991). The hairless ideal: Women and their body hair. Psychology of Women Quarterly. 15 (1); 83-96; Dixon, B.J., Dixon, A.F., Bishop, P.J. et Parish, A. (2009). Human physique and sexual attractiveness in men and women: A New Zealand-U.S. comparative study. Archives of Sexual Behavior, 39 (3) : 798-806;]

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