Définir le concept de diversité

Souvent, la diversité est définie comme étant une variation culturelle et ethnique au sein d’une population et entre les gens. La reconnaissance de ce type de diversité est essentielle à la recherche, à l’élaboration de politiques et à la planification, puisque la culture et l’ethnicité influent sur nos valeurs, nos croyances et nos comportements, notamment la façon dont nous vivons en tant que femmes, qu’hommes, les deux ou ni l’un ni l’autre. Dans un même temps, la reconnaissance et l’appréciation de la diversité culturelle et ethnique sont essentielles dans la lutte contre les préjugés et la discrimination. Par exemple, les politiques et les lois du Canada en matière de multiculturalisme sont fondées sur cette définition de la diversité et elles ont pour objectifs d’assurer à toutes et tous le respect et l’équité. [1]

Les variations culturelles et ethniques importent, certes, mais si nous portons uniquement attention à ce type de diversité, nombre d’autres différences visibles risquent de nous échapper, comme les variations de sexe et de genre, d’âge, et certains handicaps, qui influent également sur le bien-être des individus. Par exemple, si nous comparons les taux de pauvreté chez les populations autochtones et non autochtones au Canada, nous constatons rapidement que les Autochtones sont plus à risque d’être pauvres. Par ailleurs, si nous avions omis d’examiner les taux en fonction du sexe, nous n’aurions pas relevé le fait que les femmes autochtones comptent parmi les personnes les plus pauvres au pays.

Dans un même temps, si nous ne nous attardons qu’aux différences visibles lorsque nous abordons la question de la diversité, nous risquons de rater d’importantes variations, lesquelles ne sont pas toujours apparentes, comme l’orientation sexuelle, l’éducation et les croyances religieuses. Par exemple, la question de l’environnement préoccupe de plus en plus de gens et un nombre croissant d’entreprises et d’organismes s’engagent publiquement à ne plus fournir de documents sur un support papier. Cette stratégie, comme c’est le cas pour ces modules, prend pour acquis que toutes les citoyennes et citoyens – ou du moins ceux ciblés – possèdent un ordinateur, ont accès à Internet à haute vitesse et sont habiletés à utiliser cette technologie. Par ailleurs, nombre de Canadiennes et de Canadiens ne savent pas comment utiliser un ordinateur. Une étude portant sur l’utilisation d’Internet, réalisée en 2005 par Statistique Canada, révélait que la connaissance de l’informatique était étroitement liée au revenu, à l’éducation, à la structure familiale et au lieu de résidence. Les personnes qui touchaient un revenu élevé, qui avaient poursuivi des études après le secondaire, qui avaient de jeunes enfants ou des adolescents à la maison et qui vivaient dans les villes étaient plus susceptibles de posséder et d’utiliser un ordinateur, comparativement à d’autres groupes. [2]

De nombreuses définitions que l’on prête au concept de diversité prennent pour acquis qu’il existe un « standard » ou une « norme » que nous pouvons utiliser pour cerner les différences. Par exemple, les traités d’anatomie et les manuels médicaux expliquent en général tous les systèmes du corps humain (à l’exception du système de reproduction féminin) à l’aide d’illustrations axées sur le corps masculin. Celui-ci est donc la référence et le corps féminin est perçu comme hors norme. Une telle définition de la diversité – vue comme une déviation de la norme – est préjudiciable. Au mieux, elle mène à la négligence, et au pire, à la discrimination. [3]

À la base et dans sa meilleure acception, le terme « diversité » fait référence à toute différence entre individus et au sein d’une population.

Sources: [1] Dewing, M. et Leman, M. (2006). Le multiculturalisme canadien. http://www.parl.gc.ca/Content/LOP/ResearchPublications/prb0920-f.htm; [2] Statistique Canada, (2006). Enquête canadienne sur l’utilisation d’Internet. Le Quotidien, http://www.statcan.gc.ca/daily-quotidien/060815/dq060815b-fra.htm; [3] Lawrence, S.C. et Bendixen, K. (1992). His and hers: Male and female anatomy in anatomy texts for U.S. medical students, 1890-1989. Social Science and Medicine 35, 7: 925–34.

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