Décrivez les divers aspects de la diversité

Si nous définissons la diversité comme étant toute différence entre individus et au sein d’une population, nous devons alors accomplir la difficile tâche de cerner les différences, notamment celles d’importance et celles qui exercent un impact. Pour relever ce défi, nous pouvons entre autres tenter d’établir les formes ou les catégories de différences. Par exemple, pour se pencher sur l’immense diversité présente dans la nature, les scientifiques regroupent les plantes et les animaux en catégories qui partagent certaines caractéristiques physiques, pour ensuite leur attribuer des étiquettes, comme oiseaux, mammifères, reptiles, amphibiens.

Historiquement, les scientifiques décrivaient la diversité humaine en s’appuyant généralement sur les différences physiques. Le sexe et la « race» étaient les principales catégories établies. Nous savons que le sexe constitue une importante forme de diversité biologique. Par ailleurs, comme nous l’avons vu dans le premier module, le sexe ne peut être réduit à la catégorie du masculin ou du féminin. Dans le deuxième module, nous avons vu que le sexe est lié au genre – les croyances et les hypothèses sociales qui déterminent ce que cela signifie d’être un homme ou une femme dans un lieu donné, à une époque précise. Le sexe constitue une importante forme de diversité humaine puisqu’il influe sur presque tous les aspects de notre vie. Donc, lorsque nous nous penchons sur la diversité humaine, nous devons aussi inclure la question du continuum de sexe et de genre.

La catégorie de la « race » ressemble davantage au concept de genre et de sexe. Les gens parlent souvent des différentes races humaines, mais les chercheurs de nombreuses disciplines ont conclu que la race, en tant que catégorie biologique, n’existe pas. Comme c’est le cas pour le genre, la race est un concept social et historique plutôt qu’une réalité biologique. Cela ne signifie pas qu’il n’existe aucune différence visible au sein de la population humaine pouvant être regroupée en catégories. Les personnes d’ascendance africaine n’ont généralement pas la même apparence physique que les personnes d’ascendance anglo-saxonne. Toutefois, ce ne sont pas les différences visibles qui influent sur le bien-être des individus mais plutôt nos réactions à ces différences. En d’autres termes, la race, en tant que catégorie biologique, n’existe pas, mais le racisme lui, existe, et les gens en souffrent et portent le poids des stigmates et de la discrimination. [1]

Le terme « ethnicité » est plus acceptable que « race » dans de nombreux pays. Notre démarche sera bonifiée si nous regardons au-delà des variations physiques pour considérer la diversité sur le plan du patrimoine, de la culture, de la langue, du vécu, etc. Par exemple, les Canadiennes et les Canadiens africains partagent souvent des caractéristiques physiques qui font que d’autres les identifient comme étant une race ou un groupe particulier. Toutefois, ces citoyennes et citoyens forment un groupe diversifié. Ils proviennent de différents pays et ont des histoires, des cultures et des traditions diverses. Certains portent le jean, d’autres, la robe. Certains vivent au Canada depuis des générations, d’autres ont immigré il y a cinquante ans et d’autres sont arrivés plus récemment. Certains ne parlent que l’anglais ou le français alors que d’autres parlent plusieurs langues.

Que nous choisissions le terme « race » ou « ethnicité » pour décrire des différences visibles particulières, il importe de se rappeler que ce sont les facteurs sociaux plutôt que biologiques qui font que ce type de diversité constitue une richesse. Il faut aussi se rappeler qu’il existe de nombreuses variations entre des gens qui, en surface, se ressemblent, ainsi que de nombreuses similarités entre des personnes qui ne se ressemblent pas.

En plus du sexe et du genre, de la race et de l’ethnicité, il existe de nombreuses autres formes de diversité : le revenu, l’éducation, l’emploi, l’orientation sexuelle, la sécurité, le logement, la sécurité alimentaire, la structure familiale, les handicaps, etc. Ces différences touchent une grande part de la population canadienne. Par exemple, en 2006, près de 4,5 millions de personnes vivaient avec un handicap au Canada. Dans la même année, 16 % des familles canadiennes étaient monoparentales, pour la plupart menées par des femmes. En 2007-2008, 7,7 % des foyers canadiens, ou près de 956 000 foyers, ont souffert d’insécurité alimentaire.

Il importe de considérer aussi les différences qui touchent de petites populations. Le taux de personnes qui s’identifient au Canada comme gaie, lesbienne ou bisexuelle est faible, mais cette population est beaucoup plus à risque de subir des stigmates et de la discrimination que la population hétérosexuelle. Même si ces personnes ne subissent pas de discrimination directe, elles vivent dans une société qui, souvent, ne reconnaît pas leur existence – comme c’est le cas pour la programmation télévisée et les services sociaux – ou ne reflète pas leurs valeurs, leur langage et leur vécu. Ces formes de diversité, de très grande importance, sont souvent ignorées dans le monde de la recherche, des politiques et de la pratique. [2]

Chaque dimension de la diversité peut influer sur les besoins des gens, leur vécu et les possibilités qui s’offrent à eux et doit être reconnue et considérée attentivement.

Sources:  [1] Guido Barbujani (2005). Human races: Classifying people vs understanding diversity. Current Genomics, 6 (4): 1-12: http://www2.webmatic.it/workO/s/113/pr-465-file_it-Current%20Genomics%204.pdf (Article en anglais) ; [2] Taux d’incapacité selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, http://www.statcan.gc.ca/pub/89-628-x/2007003/t/4183086-fra.htm; Répartition des familles de recensement selon la structure de la famille, régions métropolitaines de recensement, 2006, http://www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2006/as-sa/97-553/table/t11-fra.cfm; Insécurité alimentaire des ménages, 2007-2008, Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, http://www.statcan.gc.ca/pub/82-625-x/2010001/article/11162-fra.htm

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