Vérifier si nous avons bien cerné la population en situation de besoin

Examinons de plus près la description que l’on donnait d’une personne soignante à l’époque où le programme de PC a été mis en place. Selon l’étude menée par Statistique Canada en 2002, des millions de personnes prenaient soin d’un parent aîné et avaient besoin d’aide. Par ailleurs, des millions d’autres personnes prenaient aussi soin de parents dépendants, comme des adultes et des enfants handicapés, ou de parents malades ou mourants qui n’étaient pas de la catégorie des aînés. L’étude n’avait pas capté les besoins et les expériences de ces soignantes et soignants et n’avait donc pas intégré ces variables dans la conception du programme.

Les PC ont donc été conçues sans porter attention au rôle que jouent le sexe et le genre en matière de prestation de soins. L’étude de Statistique Canada de 2002 avait conclu que le nombre de femmes et d’hommes qui prenaient soin d’un membre de la famille ou d’un ami âgés était égal, mais de nombreuses autres études en sont arrivées à une tout autre conclusion. Par exemple, des recherches réalisées à la fin des années 1990 ont conclu que la majorité des personnes soignantes étaient des femmes et une étude de Statistique Canada réalisée en 2007 a révélé que sur dix personnes qui prenaient soin d’un aîné, six étaient des femmes. [1]

Même si nous acceptons la prémisse selon laquelle il y a autant d’hommes que de femmes qui dispensent des soins, comme c’était vraisemblablement le cas chez les concepteurs du programme des PC, il est clair que les femmes et les hommes dispensent respectivement différents types de soins, en fonction des rôles et des attentes sexospécifiques. Les hommes font généralement des travaux extérieurs (p. ex. tondre la pelouse et pelleter de la neige) et s’occupent de l’entretien des lieux (p. ex. peinturer la maison, sortir les ordures), alors que les femmes prodiguent la plupart des soins personnels (p. ex. habiller la personne, la nourrir et faire sa toilette) et font la majorité des tâches ménagères (p. ex. faire les lits, préparer les repas et faire le ménage).

Graphique 1 : Proportion de femmes et d’hommes âgés de 45 ans et plus qui dispensent différents types de soins aux aînés, Canada, 2007 [2]

De plus, la nature et l’intensité des soins dispensés par les femmes font que celles-ci sont plus à risque de subir des effets négatifs sur leur santé et leur bien-être social et économique, comparativement aux hommes. [3]

Graphique 2 : Pourcentage des fournisseurs de soins informels de 45 ans et plus ayant vécu des répercussions à la suite de la prestation de soins, 2002

Graphique 3 : Pourcentage des fournisseurs de soins informels de 45 à 64 ans ayant vécu des répercussions par rapport à leur emploi, 2002

Non seulement les femmes dispensent-elles la majorité des soins, la nature des soins qu’elles prodiguent fait que ce sont elles qui ont le plus besoin de soutien et de répit dans le cadre de leurs responsabilités d’aidantes.

Source : [1] Fast, J.E. et Keating, N. (2001). http://www.uofaweb.ualberta.ca/rapp/pdfs/Informal_caregivers_in_Canada.pdf. http://www.statcan.gc.ca/pub/11-008-x/2008002/article/10689-fra.htm#a2 ; [2] Enquête sociale générale de 2007. http://www.statcan.gc.ca/pub/11-008-x/2008002/t/10689/5801407-fra.htm ; [3] http://www.statcan.gc.ca/pub/11-008-x/2008002/t/10689/5801407-fra.htm; Armstrong, P. et O’Grady, K. (2004) Les prestations de compassion ne tiennent pas compte de la réalité, http://www.cwhn.ca/fr/node/39967

Comments are closed.








centre-logos ACEWH PWHCE BCCEWH

Sauf mention contraire, le contenu original de ce site est distribué sous licence Creative Commons Attribution-NoDerivs 2.5 Canada License.