De l’analyse à l’action

Comme nous l’avons vu dans les modules précédents (questions d’importance, populations, données probantes et implications), une large part de la démarche inspirée par l’AIGS consiste à recueillir des données et à les analyser. Formuler des recommandations implique une démarche d’un autre ordre : son but est de traduire des connaissances et des observations en mesures d’action qui permettront de résoudre un problème ou de répondre aux besoins d’une population. Chaque recommandation doit tendre vers un objectif précis : par exemple, enrayer une épidémie ou réduire le taux de mortalité. Il est donc très important de définir clairement en quoi consiste notre objectif ultime, car c’est ce qui permettra de peaufiner nos recommandations et d’en évaluer la pertinence.

Prenons l’exemple du virus du papillome humain (VPH), une infection sexuellement transmissible qu’on associe avec le cancer du col utérin. En 2007, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a publié des recommandations sur l’usage du GardasilTM, un vaccin conçu pour réduire le risque de contracter le VPH. Le CCNI recommandé qu’on vaccine les groupes suivants :

  • les fillettes âgées de neuf à 13 ans, avant le début des relations sexuelles;
  • les jeunes filles âgées de 14 à 26 ans chez qui on a décelé des anomalies par test de PAP ou qui ont souffert d’une infection à VPH par le passé, même si elles ont déjà une vie sexuelle active.

Par ailleurs, le CCNI recommandait qu’on n’administre pas le Gardasil™ :

  • aux fillettes âgées de moins de neuf ans
  • aux femmes enceintes
  • aux hommes

De toute évidence, les recommandations du CCNI visent à réduire l’incidence du cancer du col utérin plutôt qu’à éliminer le VPH. Le cancer du col utérin ne touche que les femmes, mais les deux sexes peuvent contracter le VPH et le transmettre à des membres de l’autre sexe ou du même sexe. La vaccination d’une moitié de la population peut contribuer à réduire l’incidence du cancer du col utérin, mais elle ne représente pas une solution efficace face à la propagation du VPH, de surcroît lorsqu’on soupçonne ce virus d’être associé à d’autres maladies qui affectent les hommes et les femmes sans distinction.

Source : http://www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/diseases-maladies/hpv-vph-fra.php

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