Définir la notion d’équité

L’équité est définie comme étant une démarche axée sur des principes de justice et d’impartialité. En d’autres termes, assurer l’équité, c’est veiller à ce que toute personne ait accès aux ressources, aux occasions, au pouvoir et aux responsabilités dont elle a besoin pour être en bonne santé. C’est aussi de faire les changements nécessaires pour bien cerner les écarts injustes en matière de conditions sociales et de se pencher sur ces questions .

Pour illustrer notre propos, comparons l’équité à une porte. Se heurter à une porte fermée peut s’avérer une expérience intimidante. On ne peut pas franchir le seuil, on se sent exclu(e) et on est privé(e) des occasions et des expériences qui se trouvent au-delà de cette porte. Par contre, une porte ouverte est une invitation pour aller de l’avant, entrer, se joindre à un groupe et découvrir les possibilités dont on est privé avant de franchir son seuil. Comme une porte ouverte, l’équité nous invite à aller de l’avant et crée des conditions qui font que la porte demeure déverrouillée et ouverte à toute personne.

Dans un même temps, il importe de bien comprendre le fait que l’équité ne crée ni n’ouvre des portes. Certaines femmes et certains hommes peuvent avoir des besoins différents et franchir diverses portes afin d’obtenir ce dont ils ont besoin pour être en bonne santé. Prenons l’exemple de deux femmes aînées qui vivent à la campagne et qui ont régulièrement besoin de soins parce qu’elles sont atteintes d’une maladie chronique, comme l’arthrite ou le diabète. S’il y a un médecin dans la ville ou le village le plus proche et si les routes sont généralement en bon état, nous pourrions penser qu’elles ont accès à des soins de santé, jusqu’à ce que nous nous penchions de plus près sur leur situation.

L’une des femmes L’autre femme
  • possède un permis de conduire;
  • a un état de santé qui lui permet de se rendre seule à ses rendez-vous médicaux;

MAIS

n’a pas accès à une voiture parce que son conjoint/sa conjointe l’utilise pour se rendre à son lieu de travail et emprunte une toute autre direction

  • possède un permis de conduire;
  • a un état de santé qui lui permet de se rendre seule à ses rendez-vous médicaux;
  • possède une voiture;

MAIS

prend soin de sa conjointe/son conjoint et ne peut la/le laisser seul(e) pour plus d’une heure à la fois.

Les obstacles qui empêchent ces femmes d’accéder aux soins de santé diffèrent et les démarches à entreprendre pour les éliminer ne sont pas les mêmes.

Lorsque nous réfléchissons sur la question de l’équité, nous devons nous pencher sur l’incidence qu’exercent les circonstances personnelles, le contexte familial, les systèmes, les politiques et les sociétés sur les occasions dont une personne bénéficie et les obstacles qu’elle doit surmonter. Non seulement ces femmes doivent-elles surmonter des obstacles d’ordre personnel – comme l’absence d’accès à une voiture – mais elles font également face à des obstacles systémiques, comme l’absence de transports en commun en région rurale et les limites des programmes de soins de relève.

Dans un pays comme le Canada, où nous bénéficions d’un système de santé financé à même les fonds publics, nous pouvons facilement penser que toute personne a accès à des soins. Toutefois, comme nous l’avons vu dans les modules sur le sexe, le genre et la diversité, l’état de santé de la population canadienne varie grandement. Certaines sous-populations, comme les Autochtones et les personnes vivant dans la pauvreté, sont généralement en moins bonne santé que le reste de la population canadienne.

Il arrive parfois que le risque de maladie soit incontournable, comme c’est le cas lorsqu’une personne est exposée à un germe ou lorsqu’il y a des antécédents de cancer du sein dans une famille. Par ailleurs, le risque de maladie peut souvent être réduit ou même éliminé, en s’attaquant aux facteurs qui peuvent être changés, comme les lieux où les gens vivent, travaillent et se divertissent, et la façon dont ils le font. Par exemple, il arrive qu’une personne contracte un rhume et s’en remet rapidement, alors que chez une autre personne, le rhume dégénère en pneumonie. Ces deux situations ne sont pas nécessairement causées par des facteurs d’iniquité. Toutefois, si certains se remettent de leur rhume parce qu’ils ont les moyens d’acheter des médicaments et peuvent prendre un congé de maladie, alors que d’autres développent une pneumonie parce leur employeur ne leur permet pas de s’absenter ou qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter des médicaments, nous pouvons parler de situations inéquitables et injustes. Lorsque nous évitons de nous attaquer à certains facteurs qui peuvent être modifiés, nous créons et nous perpétuons des iniquités.

L’Organisation panaméricaine de la Santé donne une excellente définition de l’équité :

L’atteinte de l’équité en matière de santé exige que les femmes et les hommes, les filles et les garçons se voient offrir les mêmes possibilités et le même accès aux conditions et services qui leur permettront de jouir d’un état de santé optimal. L’équité en matière de santé exige que nous accordions une importance à l’éventail d’expériences humaines et que nous veillions à ce que les soins et les politiques de santé répondent aux besoins de toutes les populations, notamment en tenant compte de leurs différentes identités en tant que peuples et des diversités qui caractérisent leur vie quotidienne. »

Comments are closed.








centre-logos ACEWH PWHCE BCCEWH

Sauf mention contraire, le contenu original de ce site est distribué sous licence Creative Commons Attribution-NoDerivs 2.5 Canada License.