Décrire l’impact qu’exercent le pouvoir et les privilèges en matière d’équité (1)

Comme il fallait s’y attendre, l’objectif d’une démarche axée sur l’équité nous amène à nous pencher sur les personnes qui sont dans le besoin ou qui risquent de l’être. Nous dirigeons nos ressources vers les milieux qui, selon nous, en ont le plus besoin et vers des initiatives qui auront le plus grand impact. Reprenons l’exemple de la piste de course. Nous porterons sûrement une plus grande attention aux coureurs qui se trouvent dans les couloirs extérieurs, qui doivent parcourir une plus grande distance et ont besoin de plus d’énergie pour terminer la course, plutôt que sur les coureurs des couloirs intérieurs, qui peuvent atteindre la ligne d’arrivée plus rapidement et avec moins d’effort. Pour compenser pour leur position défavorisée, nous assignons aux coureurs dans les couloirs extérieurs une position où ils auront une longueur d’avance.

Par ailleurs, pour réaliser l’équité, nous devons comprendre que le privilège et le non-privilège existent côte à côte. Dans une quête de justice sociale, il faut agir sur ces deux réalités.

Prenons l’exemple des politiques et des programmes d’action positive, qui promeuvent l’embauche de groupes minoritaires, comme les femmes et les personnes de couleur, lesquelles ont historiquement été défavorisés sur le marché du travail. L’objectif des actions positives est de corriger des tendances discriminatoires établies. Certains groupes et gouvernements ont rejeté cette politique, estimant qu’elle provoque une « discrimination à rebours » à l’endroit du groupe dominant – dans ce cas les hommes et les Blancs. Bien que les politiques et programmes d’action positive favorisent intentionnellement certains candidats plutôt que d’autres, l’équité ne peut être atteinte que si les personnes qui jouissent de privilèges ou de pouvoirs consentent à les partager ou que si un tel partage est imposé.

Peggy McIntosh, féministe américaine et militante anti-racisme très appréciée, écrivait dans son essai influent intitulé White Privilege: Unpacking the Invisible Knapsack :

« J’ai souvent remarqué que les hommes ne veulent pas reconnaître leur statut privilégié, même s’ils peuvent parfois reconnaître que les femmes sont défavorisées. Ils disent parfois qu’ils travailleront pour améliorer le statut de la femme dans la société, à l’université ou dans les programmes d’enseignement, mais ils ne peuvent pas supporter et n’accepteront pas l’idée de renoncer à leurs privilèges. Les dénis, qui deviennent des tabous, dictent le ton quand il est question de privilèges, dont les hommes s’accaparent au détriment des femmes. Ces dénis protègent les privilèges masculins contre toute tentative de les identifier, de les amenuiser ou de les éliminer. » [1]

Bien que dans ce cas, Mme McIntosh parle de privilèges masculins, la notion de pouvoir et de privilèges peut aussi être associée à divers facteurs, comme la race et l’ethnicité, l’orientation sexuelle, la langue, les habiletés, le statut socioéconomique et le revenu, la religion, l’âge, l’éducation et le lieu de vie. [2]

Sources: [1] http://www.sascwr.org/files/www/resources_pdfs/anti_oppression/WHITE_PRIVILEGE.pdf (En anglais); [2] http://www.safeatschool.ca/index.php?q=plm/equity-and-inclusion/understanding-sexism-racism-and-homophobia/racism/power-and-privilege-dynamics-in-racism (En anglais)

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