Le refus de reconnaître les différences parmi et entre les gens

Le fait de ne pas tenir compte des positions qu’occupent les gens au sein des hiérarchies, de ne pas leur accorder d’importance ou de nier leur impact sur la santé et le bien-être des populations constitue la deuxième manifestation de déformations établie par Mmes Burke et Eichler. Par exemple, si nous concevons un programme de santé de la reproduction à l’intention des femmes et que nous ne tenons pas compte des besoins des femmes handicapées ou des femmes qui ont vécu de la violence sexuelle, le programme ne répondra qu’aux besoins de certaines populations. Si nous nions la présence de différences, nous risquons de prendre l’information provenant de groupes dominants et de la généraliser, même dans des situations inappropriées, ou de prendre pour acquis que les groupes sont uniformes alors qu’ils comportent d’importantes différences. Dans un même ordre d’idées, la recherche qui « ne se penche que sur un seul sexe, une seule race ou sur les gens non handicapés et qui présente les résultats comme s’ils étaient applicables à toute la population verse dans la surgénéralisation » [1] et risque de causer des préjudices.

Dans le cas d’un remplacement chirurgical de la hanche et du genou, l’étude suggère que les taux d’arthrose – la raison première pour ce type de chirurgie – ne sont pas les mêmes, selon divers groupes de femmes et d’hommes. Les chercheuses ont constaté que le taux d’arthrose chez les femmes est deux fois plus élevé que chez les hommes. Les taux d’arthrose au genou sont plus élevés chez les femmes de couleur, comparativement aux femmes blanches. De plus, les personnes à faible revenu et moins scolarisées présentent des taux d’arthrite plus élevés, comparativement aux personnes plus nanties et plus scolarisées. En d’autres termes, si nous prenons pour acquis que le risque d’arthrose et la nécessité de subir une chirurgie de la hanche ou du genou sont les mêmes pour toute la population, nous porterons préjudice à certaines groupes.

Source: [1] Burke, M.A. et Eichler, M. (2006). Le cadre de référence BIAS FREE, a practical tool for identifying and eliminating social biases in health research. Genève, Suisse : Forum mondial pour la recherché en santé. Tiré le 22 mai 2010 du document, p.9 http://www.biasfree.org/full_BF.pdf.

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